Tango T2: Sable rouge

Le second volet de la série Tango est musclé, dépaysant et sublime.
Intitulé Sable rouge, l’album scénarisé par Matz, illustré par Philippe Xavier et édité par Le lombard tient toute les promesses. C’est un généreux opus composé de 68 planches introduites par une couverture superbe.
Après Océan de pierre qui nous transportait dans les Andes, on retrouve notre mystérieux héros dans un splendide voilier en direction des Caraïbes. Accompagné de son ami et ancien flic Mario, il part retrouver son grand-père Mike qu’il n’a pas vu depuis de nombreuses années. L’ancien marin s’est installé sur une petite île paradisiaque dans laquelle il menait la grande vie avec quelques amis. L’îlot du fait de ses diverses qualités est convoité par des malfrats bien décidés à exproprier ses habitants par tous les moyens pour poursuivre leurs trafics. Ils décident d’assassiner Louis un des résidents pour montrer leur détermination. Très vite, Tango est rattrapé par les ennuis. La tension monte et le volume s’achève sur un final époustouflant.
Pour ce récit, les auteurs changent radicalement de décor ce qui leur permet de casser les rouages. En changeant de terrain de jeu, ils imposent la mer comme personnage secondaire de ce one shot.
Les nombreuses images de cartes postales apportent un caractère dépaysant fort agréable. Elle permet au scénariste d’introduire une voix off intéressante mais également des réflexions pertinentes sur la solitude.
Son histoire commence par des images de plaisance reposantes, l’arrivée marque une accélération brutale et s’achève sur un rythme effréné. Avec ses planches sans cases qui interviennent dans la narration comme des fins de chapitres, il apporte d’habiles respirations et des moments plus introspectifs.
Sa trame simple, légère et bien ficelée lui permet de mettre au premier plan ses personnages. Il parvient à les rendre attachants et vivants. Les relations humaines, l’amitié, la famille sont au cœur de ce volet. Avec Mike, on découvre un personnage dense et sympathique, un excentrique haut en couleurs que l’on aurait aimé connaître davantage. Tango dévoile une partie de sa jeunesse et la sauvagerie qu’il dissimule derrière une apparente sérénité. Les dialogues sont particulièrement savoureux.
Philippe Xavier offre un découpage cinématographique très saccadé avec lequel il parvient à accélérer la narration. Ses cadrages sont inspirés et variés. Il est parvenu à adapter son dessin à l’univers représenté. On est ici très loin de la claque visuelle de Conquistador ou encore des terres enneigés de Hyver 1709. Il adopte un style contemporain beaucoup plus juste dans les mouvements et l’anatomie. L’exigence du dessinateur transpire, il enlève le superflu pour se concentrer sur un trait hyper lisible, détaillé et un encrage singulier.
Bien sûr, les étendues de sable et les images maritimes prennent une bonne place dans la prestation graphique. Elles contrastent efficacement avec des scènes d’action magnifiquement exécutées et habilement développées sur plusieurs pages.
Les couleurs de Jean Jacques Chagnaud subliment l’ensemble.
Tango est comme ses créateurs un voyageur infatigable. On a hâte de le retrouver pour sa prochaine escale au Panama. Il nous tarde d’ en apprendre davantage sur cet énigmatique personnage et connaître peut-être les raisons de sa cavale.
Avec cette histoire complète, le tandem installe durablement une saga riche de nombreux atouts. Addictive et prometteuse, elle a déjà séduit un large public ce qui est aisément compréhensible.

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